Le week-end suivant avait lieu la fête du pain. Au profit d’une association locale.
Nous nous sommes retrouvés, Martha et moi, attablés tous les deux avec des participants que nous connaissions, pour certains d’entre eux, parfaitement bien et depuis fort longtemps.
Un couple d’anciens voisins. Un employé du Crédit Agricole. Un ostéopathe. Et même une de mes collègues de boulot, Clotilde.
Martha était en pleine forme. Elle discutait et plaisantait avec les uns, avec les autres. À la fin du repas, ça s’est mis à danser.
Elle y est aussitôt allée et s’est mêlée à ceux qui se dandinaient sur des rythmes endiablés tandis que l’employé du Crédit Agricole m’entretenait sans répit des travaux que la mairie avait entrepris avenue Victor Hugo.
C’est le regard médusé et vaguement goguenard de Clotilde en direction de la piste qui m’a incité à jeter un coup d’œil sur ce qui s’y passait.
Martha y dansait tendrement enlacée avec un grand brun qui avait posé ses mains au creux de ses reins. Ils semblaient parfaitement indifférents à leur environnement.
Il a fini par chercher ses lèvres qu’elle lui a abandonnées. Une fois. Deux fois. Et puis, quelques instants plus tard, il l’a prise par la main. Entraînée. Ils ont disparu.
***
Quand elle m’a rejoint à notre table, longtemps après, elle avait les joues enflammées, les yeux brillants.
‒ Bon, allez, on y va ?
Je l’ai suivie sur le parking.
‒ C’était lui, hein ?
Elle a haussé les épaules.
‒ Évidemment que c’était Ugo. Qui tu veux d’autre ?
Et elle a précisé.
‒ Il rentre avec nous.
Il était appuyé à notre voiture.
‒ Salut !
Ils sont montés tous les deux à l’arrière et j’ai pris le volant.
Il a constaté, suffisamment fort pour que je l’entende.
‒Comment je t’ai fait jouir, ma petite salope ! Et c’est pas fini !
Dans le rétroviseur je l’ai vu glisser sa main sous la robe, y moutonner. Elle lui a chuchoté quelque chose que je n’ai pas compris.
Il a ri.
‒ Lui, oh, ça le fait bander, tu parles !
C’était vrai. Une énorme érection.
Il y a eu des frôlements de tissu. Des coups de genou contre mon siège. Elle a doucement gémi. En sourdine. Jusqu’à la maison. J’ai rentré la voiture au garage. Ils en sont descendus, se sont aussitôt précipités vers la chambre conjugale.
‒ T’as celle d’amis. Ou le canapé du séjour. C’est comme tu veux.
Et elle a refermé la porte.
Ça n’a pas perdu de temps.
‒ Mets-la-moi encore, Ugo ! Mets-moi ta queue !
Elle a doucement gémi. Et imploré.
‒ Baise-moi ! Baise-moi ! Oh, oui, comme ça ! Tringle-moi ! Démonte-moi ! Défonce-moi la chatte ! Oh, oui, mon amour ! Oh, oui ! Je vais jouir. Je jouis ! Je jouis !
Et ça a déferlé. Un plaisir intense. Ravageur. Qu’elle a psalmodié. Hurlé à grandes trilles éperdues. Elle jouissait. D’une jouissance que j’avais été incapable de lui faire connaître. Je m’en sentais tout à la fois profondément mortifié et délicieusement excité.
***
Le lendemain matin, il est descendu seul. Elle dormait encore. Il s’est installé à la table de la cuisine.
‒ Tu me fais un café ?
Je le lui ai apporté.
‒ Ben, assieds-toi !
En face de lui.
Il m’a regardé droit dans les yeux.
‒ Je baise ta femme. Tu te rends compte ? Je baise ta femme.
J’ai baissé la tête sans répondre.
‒ Elle est très demandeuse. En tout cas avec moi. Insatiable. Et je lui donne sa dose. Je la nique à fond. Je l’emplis de mon foutre. Je la possède. Elle n’est plus à toi. Elle est à moi. Tu en as bien conscience, j’espère ?
‒ Oui.
‒ Un jour, il faudra que je la saute devant toi. Que je voie ta tronche pendant que je la pilonne. Ta jalousie, ta rage intérieure et ton excitation de cocu entremêlées. Je prendrai un sacré pied, j’avoue !
Il a vidé sa tasse d’un trait, me l’a tendue.
‒ Tu m’en refais un autre ?
Qu’il s’est mis à siroter à toutes petites gorgées cette fois.
‒ Elle m’a dit qu’elle n’avait jamais eu de plaisir avec toi. C’est vrai ?
‒ Je crois, oui.
‒ Et c’est dû à quoi ?
J’ai écarté les bras en signe d’ignorance.
‒ Elle est comment, ta queue ?
‒ Normale. Enfin, je crois.
‒ Tu fais voir ?
J’ai eu un mouvement de recul.
‒ Hein ? Mais…
‒ Oh, tu vas pas jouer les vierges effarouchées. En plus !
Et je me suis résolu à baisser mon pantalon. À dégager ma queue de mon boxer. Il s’est penché dessus.
‒ Mouais ! Il y a pas de quoi crier au miracle, mais elle est quand même dans une bonne moyenne. C’est pas de là que vient le problème.
Je me suis reculotté.
‒ Non, en fait, tu fais partie de ces hommes – la plupart des hommes d’ailleurs – qui n’en sont pas vraiment. Qui veulent jouer dans la cour des grands alors qu’ils n’en sont pas capables. Que rien en eux, dans ce qu’ils sont, n’est en mesure de faire vibrer une femme. De lui donner envie. Ils sont nés avec une queue. Ça fait illusion, mais en réalité…
Il y a eu les pas de Martha dans l’escalier. Elle a fait son entrée dans la cuisine en bâillant et en s’étirant. Et elle est allée tout aussitôt s’asseoir sur ses genoux. Elle lui a passé un bras autour du cou et murmuré quelque chose à l’oreille.
Il lui a posé une main sur la cuisse, est remonté sous la nuisette. Elle l’a repoussé en riant et ils ont continué, heureux, complices, à entretenir une conversation à voix basse dont j’étais totalement exclu.
Je les ai laissés ensemble. Et je suis allé me masturber dans la chambre d’amis.
***
Quand on s’est retrouvés seuls, elle et moi, en début d’après-midi, je lui ai fait remarquer que ça allait jaser.
‒ À propos de quoi ?
‒ De toi et d’Ugo sur la piste à la fête du pain hier.
‒ Laisse-les jaser ! Qu’est-ce qu’on en a à foutre !
Elle a fini de s’habiller.
‒ Et puis, à franchement parler, c’est plutôt gratifiant pour moi qu’on sache que je baise avec un type comme Ugo. Vu le nombre de nanas qui rêvent de le mettre dans leur lit !
Elle s’est jetée un coup d’œil dans la glace. A paru satisfaite.
‒ De toute façon, il va bien falloir qu’ils s’y fassent. Parce qu’Ugo, à terme, il va venir habiter ici, avec nous.
Cette perspective m’a provoqué une érection instantanée. Ugo chez nous, cela signifiait que j’allais pouvoir les entendre tout mon saoul. Et sûrement les voir puisque c’était quelque chose – ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd – à quoi lui semblait énormément tenir.
Elle a enfilé son manteau.
‒ Bon, mais j’y vais. Il m’attend. À tout à l’heure !
La voiture s’est éloignée. Je suis monté dans ce qui avait été auparavant notre chambre conjugale. Ça y sentait l’amour. Le lit était défait, les draps froissés. Je m’y suis allongé. Et je m’y suis épuisé de plaisir.

J’ai connu la même aventure.
Ma femme à 36 ans à eu envie de faire des expériences.
Mais jamais elle n’a chercher à m’humilier.
C’est moi qui sentant son mal être, à force de discussion qui l’ai conduite à accepter l’idée d’autre hommes.
Je n’étais pas le problème
J’étais la solution, lui donner la possibilité de s’épanouir en dehors du nid.
Les premières rencontres seules.
Je savais où et avec qui.. toujours.
Elle rentrait comblée et pour se rassurer Nous faisions l’amour .
C’était notre façon de se retrouver.
Plus tard, je l’ai accompagné.
Vu avec d’autres hommes.. beaucoup.
J’ai participé aux ébats.
Nous étions devenu libertin.
Puis la ménopause et tout s’arrête.
Nathalie est devenue trop sage.
Je rêve qu’elle redevienne cette femme libre et libérée.
Merci pour votre témoignage.
L’important c’est de bien le vivre.
Rudy 1944.
Bonjour Exorium, merci pour ton histoire. J’ai lu les deux épisodes que j’ai apprécié, même si j’avoue préférer le premier au second. J’aime la montée progressive de votre histoire et j’adore le réalisme du début, les arguments de Martha sont convaincants et l’on sent bien les doutes qui t’envahissent progressivement. La seconde partie est plus brutale, l’irréparable est commis et on sent une certaine animosité qui monte entre vous. L’attitude d’Ugo est désagréable, pourquoi n’est-il pas plus complice avec toi ? Ils ne se rendent pas sympathiques et pourtant ils n’ont fait que prendre du plaisir, tu aurais pu devenir un complice au long cours… Dommage, que faire maintenant, on dirait que vous nous pourrez plus jouer ensemble désormais. Merci pour ton texte en tout cas.