L’Inde, aujourd’hui le pays le plus peuplé au monde, est une nation de paradoxes vertigineux. Mosaïque complexe de langues, de religions et de cultures, elle s’impose comme une superpuissance technologique et économique mondiale.
Derrière la modernité fulgurante de mégalopoles comme Bangalore ou Mumbai, la société indienne reste profondément ancrée dans des traditions millénaires. Le système des castes et les dynamiques patriarcales exercent une influence particulièrement puissante sur la sphère intime, les relations amoureuses et l’institution du mariage.
Le mariage arrangé : un contrat socio-économique
Dans l’Inde contemporaine, le mariage arrangé demeure la norme écrasante, représentant toujours la grande majorité des unions. Contrairement à la vision occidentale du mariage comme l’aboutissement d’un sentiment amoureux, l’alliance conjugale indienne est fondamentalement perçue comme un accord entre deux familles. La notion d’intimité n’est pas non plus la même, particulièrement à la campagne où les familles vivent souvent sous le même toit.
Dans cette structure, les aînés masculins exercent le pouvoir décisionnel. Le choix du partenaire est filtré par des règles strictes d’endogamie : il faut épouser une personne de la même religion, de la même caste, tout en validant la compatibilité des thèmes astraux.
Si les jeunes générations urbaines bénéficient aujourd’hui d’un droit de veto (le modèle du mariage arrangé « moderne »), la pression familiale reste l’outil principal de maintien de cet ordre patriarcal, garantissant la préservation du statut social et du patrimoine.
Dans ce cadre, on se doute que la notion de candaulisme n’est pas la bienvenue, pour autant elle paraît comme un complément idéal du mariage arrangé, pour assurer sa longévité. Un mariage public honorable, mais des relations sexuelles hors-couple côté coulisses.
Dans le sous-continent, le contrôle de la sexualité et des sentiments, particulièrement ceux des femmes, est considéré comme essentiel pour préserver « l’honneur » de la lignée. Autant dire que le cocufiage est mal perçu par la société et les hommes indiens en général, le candaulisme demandant une forte dose de courage, de discrétion et de lâcher-prise.
Le candaulisme en Inde
La pratique d’avoir recours à des gigolos pour réaliser son fantasme candauliste est donc répandue, permettant de verrouiller le côté discrétion, l’hygiène et toutes les garanties généralement attendues d’un amant.
Selon un chercheur et sexologue qui a travaillé sur le candaulisme, les hommes issus de sociétés conservatrices pourraient en fait être attirés par le candaulisme en raison de la dissonance cognitive. Pour eux, la fascination et le choc est bien plus grand que pour les mâles de sociétés plus libérales, habitués à être exposés à des idées progressistes ou féministes.
Le système de caste ajoute un enjeu supplémentaire. Que se passe-t-il dans la tête d’un homme indien issu d’une haute caste lorsqu’il voit sa femme possédée, voire prendre son pied bien plus qu’avec lui, sous le charme d’un homme de basse caste ?
A travers le candaulisme, la femme indienne reprend le pouvoir.
Tranches de candaulisme indien
Voici quelques extraits d’échanges repérés sur les réseaux sociaux indiens.
« Je viens d’Inde et j’aimerais devenir cocu pour ma femme. D’après ce que je sais, le candaulisme est très rare en Inde. Il n’est pas vrai que tous les Indiens soient monogames et n’aient pas de relations sexuelles hors mariage. Ici, la plupart des gens ont des relations sexuelles à l’insu de tout le monde. Même les couples font très attention à ce que personne ne sache qu’ils ont des relations sexuelles. Beaucoup d’hommes indiens ont des fantasmes de cocufiage, mais il leur est difficile d’en parler, même à leur partenaire.
Ils veulent bien sûr que quelqu’un baise leur femme, mais sans la partie humiliation pour la plupart. »
« Je pense que beaucoup d’hommes indiens sont secrètement adeptes de ça. C’est juste la pression de la société qui les freine »
« C’est vraiment dur et ça demande beaucoup de patience. Ça m’a littéralement pris des années pour la convaincre de me cocufier, je lui ai montré du porno, de l’érotisme, des forums en ligne et j’ai continué à faire la même chose pendant des années avant qu’elle n’accepte enfin. »
« J’ai dit mes désirs à ma femme il y a un an. Au début, j’étais un peu insistant, mais le mieux, c’est quand je lui ai laissé de l’espace et du temps. Ce temps lui a permis de passer outre son éducation stricte. »
« Je n’ai jamais eu de problème avec aucune de mes copines ni avec ma femme. Je ne les ai jamais poussées, je leur ai juste parlé de mes fantasmes et montré des vidéos et des images porno. Le fait de voir d’autres personnes le faire sur des forums ou des groupes leur a fait comprendre que c’était normal. Après, ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’elles n’acceptent d’essayer. »
« J’ai toujours essayé de lui offrir ce qu’elle mérite. Mais dès que j’évoque un autre mec, la discussion s’arrête »
« Le cocufiage se développe rapidement en Inde. J’en ai fait l’expérience personnellement. Les couples n’en parlent pas encore ouvertement, mais ce fantasme se répand très vite ici. »
