11 janvier 2025
Cher visiteur, vous avez certainement entendu parler de la nouvelle loi qui entre aujourd’hui en vigueur pour protéger les mineurs sur Internet. Les sites français, européens et extra-européens devront tous être en règle d’ici quelques mois.
Derrière une intention extrêmement louable et totalement justifiée, le gouvernement français vient de nous pondre un énième non-sens dans la pratique à mettre en œuvre.
En effet, pour protéger les mineurs il impose aux éditeurs de sites pornographiques de mettre en place une double authentification à base d’empreinte sur la carte bancaire notamment.
Vous vous doutez bien que mettre en place une telle solution fait fuir 99 % des visiteurs, d’autant plus que si vous allez sur les réseaux sociaux vous pourrez toujours trouver des contenus pornographiques librement, puisque ces réseaux sont dispensés de ce contrôle.
Pourquoi ça me pose problème
Si vous suivez ce blog depuis le début vous savez qu’il est lancé depuis à peine un mois. Il s’agit d’un blog plutôt érotique avec 99 % de textes et parfois des illustrations gif animé.
Je vais devoir retirer toutes les illustrations de mes histoires et interdire le dépôt d’images dans la partie témoignages, Quant à la partie WhatsApp ou les captions je réfléchis encore à comment je vais gérer ce souci puisque des images explicites sont présentes.
La loi ne précise bien évidemment pas le sort réservé aux sites érotiques, et ce qui est considéré comme du contenu pornographique au sens de la loi. Visiblement il s’agirait de représentation visuelle d’actes sexuels.
Ce site étant hébergé à Amsterdam, il tombe sous le coup de la loi européenne. J’ai donc choisi de censurer les photos de sexes ou d’actes sexuels mais de laisser les photos de seins ou de fesse par exemple, qui sont des parties du corps mais ne montrent pas de rapport sexuel en tant que tel.
Flou sur la mise en œuvre
En effet une allusion coquine, un son évoquant un rapport sexuel ou une image fixe sur un corps dénudé (par exemple une photo de seins) est-elle un contenu pornographique ?
Comme d’habitude rien n’est prévu pour les sites amateurs comme le mien, qui n’ont aucun revenu et pas de soutien technique pour mettre en œuvre la disposition.
Bien sûr l’État, dans sa grande nullité, n’a absolument pas prévu de demander aux fournisseurs d’accès de gérer ce blocage, ce qui était beaucoup plus simple et universel.
Il revenait au fournisseur d’accès de détecter le contenu à la base et de bloquer en fonction de l’âge déclaré et vérifié par le navigateur.
On aurait pu également imaginer la mise en place de conseillers techniques pour accompagner les fournisseurs de contenu comme moi dans le respect de la loi. Nous ne demandons qu’à respecter la loi, mais pour autant faut-il que cela soit faisable techniquement, clair et non discriminatoire entre les sites.
Cette campagne législative ressemble à une chasse aux sorcières visant à se débarrasser de tous les contenus érotiques et pornographiques à bon compte en étouffant leur trafic légitime.
Des millions de personnes ont recours à des sites afin de satisfaire leurs besoins physiques légitimes, qu’il s’agisse de juste regarder, de se masturber ou d’échanger.
Donc protéger les mineurs oui bien sûr, mais donnez-nous des solutions techniques gratuites et ouvertes à tous !
L’État en oublie même ses propres solutions puisqu’il a mis en place une application d’identité numérique où l’on dépose sa carte d’identité une bonne fois et qui permet de prouver son âge déjà sur de nombreux services type La Poste.
Il aurait suffit de coupler cette identité numérique avec le blocage mis en œuvre par les opérateurs fai pour éviter à de nombreux sites web de se retrouver bloqués indûment ou de réserver le web comme d’habitude à des acteurs commerciaux et payants.
Les plus malins utiliseront de toute façon un serveur VPN pour contourner l’obligation…
Le sexe, c’est sale
Vraiment désolé pour ce désagrément, comme d’habitude on a l’impression que le sexe est quelque chose de sale et que nos chers législateurs sont nés dans les choux.
A aucun moment l’état ne propose de campagne pour accompagner l’éducation sexuelle des mineurs par leurs propres parents et par l’école.
On aurait pu imaginer des ateliers par exemple pour apprendre aux mineurs à repérer les pervers en ligne et à reconnaître un site pornographique, et pourquoi c’est mal pour eux.
Malheureusement la tendance est plutôt à expurger les cours d’éducation sexuelle de certains visuels et même de démonstration sur des godes d’application de préservatifs au titre que c’est choquant et que certains parents se plaignent…
On met donc en œuvre une législation mal fagotée, qui nuit aux adultes qui veulent juste vivre leur vie intime et développer leur fantasmes, et ne protège pas réellement les mineurs.
Désolé pour cette navigation dégradée à partir d’aujourd’hui, et j’espère vous voir nombreux sur ce blog qui sera définitivement réservé aux contenus texte, audio (et visuels censurés). Jusqu’à une nouvelle loi peut-être…
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